Revue des matières premières : coton

Encore une fois, la politique devrait impacter les cours du coton, particulièrement la politique intérieure américaine, avec le plus long shutdown de l’histoire des États-Unis. Selon Peter Egli, directeur risque chez le négociant en coton brut Plexus Cotton Limited, le blocage de l’administration fédérale observé depuis 31 jours « empêche les autorités de publier les données officielles sur les ventes à l’étranger, sachant que les dernières datent du 13 décembre ». Or, poursuit l’expert, au terme du shutdown, « les chiffres pourraient être impressionnants » et le marché s’emballer, « s’il prenait par exemple soudainement connaissance de commandes portant sur 1,2 à 1,5 million de balles de coton », notamment de la part de l’Empire du Milieu, second marché à l’export pour la fibre naturelle américaine, qui représente le troisième produit d’exportation national après le soja et le cuir.

Car l’analyste en est convaincu : la Chine et les États-Unis finiront par trouver un accord qui mettra fin au conflit commercial les opposant. Mi-2018, les deux puissances sont déjà parvenues à un consensus, Pékin acceptant de prendre des mesures pour importer davantage de produits agricoles en provenance des États-Unis, et chacun des deux pays s’engageant à ne pas augmenter ses droits de douane. Par ailleurs comme le précise Peter Egli, « les prix américains ayant beaucoup baissé, la Chine pourrait commencer à s’intéresser à la récolte produite aux États-Unis » et importer des contingents de coton supplémentaires en plus des 900 000 tonnes imposées par l’OMC, ce qui serait un bon signe pour le commerce international de la fibre naturelle.

Ainsi, tandis que depuis juillet 2018 les cours n’ont cessé de plonger, le coton échangé à New York s’est redressé la semaine dernière, soutenu par l’espoir d’un regain des exportations de la fibre naturelle américaine vers la Chine, et les inquiétudes sur l’état de la production mondiale. Les rendements chinois sont en effet en baisse du fait du changement climatique qui a affecté la dernière campagne cotonnière, et selon le Centre du commerce international (CCC), ces mauvaises conditions météorologiques impactent tous les grands pays producteurs, dont le Pakistan et l’Australie. On observe également un ralentissement de l’activité en Inde, premier producteur mondial.

Conséquence, vendredi dernier, la livre de coton pour livraison en mars (la plus échangée), a clôturé à 73,89 cents, contre 72,49 cents en fin de semaine précédente (+1,9 %) alors qu’en décembre, les cours avaient chuté de 80 à près de 70 cents avant de se stabiliser début janvier. C’est la « confluence des éléments susmentionnés qui a stabilisé les cours et devrait les tirer vers le haut », ajoute Peter Egli. L’indice Cotlook A (coton middling 1-3/32), moyenne quotidienne des cinq prix du coton les plus faibles sur le marché physique dans les ports d’Orient, s’affichait pour sa part à 82,90 US$ les 100 livres jeudi 17 janvier, contre 82,60 US$ la semaine précédente (+0,4 %).

Les cours devraient s’exprimer de façon bien plus résolue une fois les données officielles sur les ventes à l’étranger rendues de nouveau disponibles par l’administration américaine.

La suite au « shutdown » du shutdown, donc…

Par Janse Van Rensburg, le 21/01/2019 (copyright CICO Services)

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