Ivoryblue Café, un or brun « Pure origine Côte d’Ivoire »

Dans une Afrique de plus en plus globalisée où les grandes marques internationales se disputent les faveurs d’une classe moyenne en plein essor, la transformation des matières premières en produits finis s’affirme plus que jamais comme clé du développement. En à peine 2 ans, André Braud-Mensah, PDG d’Augur Industries, est parvenu à s’imposer sur le créneau très concurrentiel du café en créant le premier espresso 100 % ivoirien en capsules, Ivoryblue. Son but ? Prouver que, bien torréfiés, les crus ivoiriens n’ont rien à envier aux produits des multinationales qui inondent le marché. Déjà riche et variée, son offre devrait encore s’élargir à partir de mars 2019. Prochaine étape : la diversification, avec la transformation et la valorisation de l’anacarde et du cacao.

Le café ivoirien se porte bien, mais il pourrait se porter encore mieux. Avec une production oscillant depuis une dizaine d’années entre 50 et 100 000 t/an, la Côte d’Ivoire est passée du 6e au 15e rang mondial entre 1990 et 2016, et la quasi-totalité des grains est exportée sous forme de café vert. Selon le CCC (Conseil Café Cacao), sur les cinq dernières campagnes de commercialisation (2012-2013/2016-2017), le taux de transformation moyen du café s’élevait à 19 %. Un niveau de performance encore très en dessous des ambitions étatiques, qui visent un ratio de 35 % à l’horizon 2020. En 2014, les autorités ont engagé un programme de relance caféière afin de redynamiser le secteur. Objectifs : produire une quantité projetée de 200 000 t d’ici 2020, et positionner le café terroir et de spécialité comme stratégie de reconquête des parts de marché perdues. Exactement le credo de l’entrepreneur André Braud-Mensah.

Les Ivoiriens doivent « produire ce qu’ils consomment et consommer ce qu’ils produisent »

À la base ingénieur en systèmes informatiques et réseaux de télécommunication (il a notamment été directeur général d’Alink Télécom Côte d’Ivoire et membre du Conseil de régulation de l’ARTCI), André Braud-Mensah, passionné d’agriculture et grand amateur de « caoua », a opéré en 2016 un virage à 180 degrés pour se lancer dans l’agro-industrie. L’idée ? Remédier à l’absence d’or brun « Origine Côte d’Ivoire » sur le marché du café en dosette trusté par les groupes Lavazza et Nestlé, et redonner ses lettres de noblesse à un produit non exploité à sa juste valeur, alors que la variété cultivée à Man, capitale de l’arabusta[1] dans la région des Montagnes, est très prisée des connaisseurs, qui la considèrent comme l’une des meilleures au monde. L’appellation « Ivoryblue » s’inspire d’ailleurs des noms des plus grands crus de grain comme le Blue Mountain, le Blue Hawaii et le Blue Dragon.

En 2015, après plusieurs missions d’évaluation des marchés en Europe et en Asie et alors que Nespresso a ouvert depuis peu sa première boutique à Abidjan, il crée la société Augur Industries, spécialisée dans la torréfaction, l’usinage et le conditionnement de produits agricoles. Si le gouvernement, soucieux de promouvoir la transformation locale, soutient ce type d’initiatives à travers la mise en place de facilités (incitations fiscales et autres avantages), les banques, elles ne suivent pas. C’est donc sur fonds propres qu’André montera à Azaguié son unité de production, dotée d’un torréfacteur, d’une zone de décantation, d’un moulin industriel et d’un système d’encapsulage. Capacité de traitement : 200 t/an.

La commercialisation est entamée mi-octobre 2016, avec l’ouverture d’un élégant showroom au Plateau, complété de points de vente en propre aux Deux Plateaux et en Zone 4. Lancé comme un produit moyen haut de gamme destiné à la classe moyenne nationale et la clientèle internationale, le café d’André Braud-Mensah élargit progressivement son cœur de cible. Rares sont en effet les Ivoiriens qui boivent du café fabriqué dans leur pays or, la vulgarisation de la consommation à l’échelle locale est gage de durabilité du secteur, et l’entrepreneur aimerait faire en sorte que chaque citoyen puisse boire au moins une ou deux tasses de bon café ivoirien par jour. La gamme Ivoryblue, qui comprend pour l’heure du café en capsules (vendu en moyenne 30 % moins cher que le produit leader) composé d’arabustas et robustas en provenance de Man, Daloa et Azaguié (les terroirs Bondoukou, Aboisso et Yamoussoukro viendront compléter l’offre existante dès mars prochain), du café moulu et en grains, des biscuits au café et du chocolat aux grains d’arabusta, s’est donc enrichie courant 2018 de dosettes de café moulu à infuser (café long de variété arabusta) « grand public » accessibles à partir de 200 FCFA le sachet, et comptera bientôt une pâte à tartiner à base de café. Ces produits sont disponibles en ligne, dans les supermarchés et hypermarchés Prosuma (sachets Koofy uniquement) et les boutiques DYA de l’aéroport d’Abidjan.

Valoriser le produit et les hommes qui le fabriquent

En plus de ses qualités gustatives, le café Ivoryblue répond à toutes les normes internationales en matière de culture (pratiques agricoles écologiques), de transformation (importance extrême accordée au tri des fèves, formules de torréfaction progressives à des températures n’excédant jamais 225 ° en fin de cycle) et de conditionnement (les sachets Koofy se dégradent naturellement au bout de 90 jours, et la première capsule biodégradable, testée avec succès, sera commercialisée au second trimestre 2019). Son concepteur, qui a suivi une formation de torréfacteur pointue, ne fait aucun compromis sur la qualité et l’authenticité de ses produits : les plantations datent des années 1970 et leur écosystème équilibré ne nécessite aucun traitement chimique particulier. Par ailleurs, nulle graisse animale, conservateur ni additif destiné à augmenter le niveau de mousse ou autre, n’entre dans la composition du produit final. Bio et responsable, le café Ivoryblue est aussi équitable, puisqu’acheté auprès des producteurs à des prix nettement supérieurs à ceux arrêtés par le CCC (entre 850 F et 3 000 FCFA/kilo), dans le but de rétribuer à leur juste valeur les premiers « maillons » de cette chaîne vertueuse. Avec une telle plus-value agricole et humaine, aucune raison de ne pas exporter l’aventure hors des frontières nationales et, pourquoi pas, continentales, le café étant le 2e bien de consommation le plus échangé mondialement après le pétrole. Pour l’or bleu d’Ivoryblue, qui rencontre un public de plus en plus large, 2019 sera l’année de la diversification et du développement à l’international. Selon André Braud-Mensah, les perspectives sont d’ores et déjà intéressantes…

En attendant, « Keep cool and drink Ivoryblue ! »

Par Élodie Vermeil, le 16/01/2019 (copyright CICO Services)

Crédit photos : ONYX-Frédie Marufu

[1] Mis au point dans les années 1970 par les chercheurs du CNRA (Centre national de recherche agronomique de Côte d’Ivoire), l’arabusta est un hybride d’arabicas importés du Brésil greffés à des robustas locaux. Unique au monde et très recherché pour ses qualités gustatives et aromatiques, il allie la force et la vigueur du robusta à la suavité de l’arabica et présente un taux de caféine intermédiaire entre les deux variétés. Élaboré à partir de fèves produites dans la région des montagnes environnant la ville de Man, il est cultivé à plus de 450 m d’altitude, notamment sur les contreforts du mont Nimba, à la frontière guinéenne. L’ensoleillement optimal et le climat humide de cette zone de Côte d’Ivoire procurent à ce café une finesse naturelle préservée par une torréfaction artisanale. Un produit plus cher car plus rare, emblématique de l’exception agricole ivoirienne, de la générosité des terroirs et de la qualité Ivoryblue.

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