La TIKA améliore les conditions de travail des planteurs camerounais

Après l’introduction du turc dans certains établissements scolaires camerounais, l’ouverture de plusieurs salles multimédia à Douala, l’assistance humanitaire portée aux réfugiés dans le nord du Cameroun, la construction d’un point d’approvisionnement en eau pour 1 000 personnes à l’ouest du pays, et la réhabilitation d’infrastructures sportives dans tout le Cameroun, l’Agence turque de coopération et de coordination (TIKA) a annoncé début janvier avoir livré un établissement moderne de fermentation et de séchage de fèves de cacao a Yaoundé.

Ouvert fin 2014 au Cameroun, le bureau de la TIKA, dont la mission principale est la coopération solidaire et l’aide au développement, sert de plateforme de dialogue entre les secteurs privés des pays d’Afrique Centrale et la Turquie, a expliqué M. Omer Faruk Dogan, ambassadeur de Turquie au Cameroun, dans une interview accordée à l’agence de presse gouvernementale turque Anadolu.

La TIKA annonce avoir financé la construction de cet établissement de premier traitement des fèves dans la capitale camerounaise Yaoundé, afin de permettre aux cultivateurs de travailler dans des conditions plus hygiéniques et plus modernes. L’installation comprend des séchoirs habituellement utilisés pour les céréales, qui ont été adaptés pour le cacao. Rentable uniquement à partir de volumes de production assez conséquents, cette infrastructure sera mise à la disposition de plusieurs coopératives, en coordination avec la Société de développement du cacao (SODECAO).

Ce projet pilote, qui se veut solidaire et équitable, a pour objectif l’amélioration de la qualité des fèves camerounaises et, partant, la hausse des revenus des agriculteurs. En effet, en mutualisant les travaux de fermentation et de séchage, chaque planteur réalise individuellement des économies de main d’œuvre et de temps lui permettant de traiter plus de fèves, qui seront de meilleure qualité et donc mieux vendues. Lors d’un entretien accordé à Anadolu, l’un d’eux, M. Nkoudou Jilbere Atouba, a ainsi affirmé avoir multiplié ses gains depuis la mise en route de l’unité.

L’agence de coopération turque a donc encouragé la SODECAO à dupliquer ce type d’infrastructure dans les zones de production cacaoyère, sur le modèle construit à Yaoundé. Le tonnage annuel du Cameroun s’élève à environ 300 000 tonnes de cacao qui font vivre directement 600 000 agriculteurs, et dont dépendent plus de 3 millions de Camerounais. Selon la SODECAO, la région de Yaoundé concentre à elle seule 40 % de la production nationale, d’où le choix de la capitale pour lancer la phase-test. Si le Cameroun, acteur non négligeable du cacao mondial, parvient à réaliser ce projet à grande échelle et améliorer la qualité globale de ses fèves, nul doute que ce bond en avant aura des incidences sur le marché international, comme ce fut le cas en 2012 lorsque, dans la foulée de la réforme cacaoyère, la Côte d’Ivoire a rehaussé la qualité de sa production.

Par Pierre-Alain Koffi, le 11/01/2019 (copyright CICO Services)

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