Évolution récente de la filière cacao (Bloomfield Investment Corporation)

Les recettes totales d’exportation du cacao (fèves brutes et transformées) de la Côte d’Ivoire se sont établies à 2 904,4 milliards de FCFA en 2017, en hausse de 6 % par rapport à 2016. Une progression imputable essentiellement à une hausse des volumes exportés (+43,1 % pour les fèves brutes et +13,1 % pour les fèves transformées), vu que les cours internationaux du cacao ont perdu environ 29,7 % sur la même année.

La chute des cours internationaux entamée en 2016 a mis en exergue la fragilité du système de commercialisation du cacao en Côte d’Ivoire. En effet, en plus des difficultés rencontrées au niveau du système de commercialisation, plusieurs entreprises exportatrices ont fait défaut sur les contrats d’exportations obtenus, avec un impact notable sur les autres acteurs de la filière, notamment les producteurs. La mission d’audit commanditée par l’État de Côte d’Ivoire en 2017 a noté que la non-application stricte des procédures a été le préalable aux problèmes rencontrés par la filière en 2016 et 2017.

D’un autre côté, en 2017, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé de se rapprocher afin de peser davantage sur l’économie cacaoyère mondiale.

En mars 2018, à travers la « Déclaration d’Abidjan », les chefs d’État ont réaffirmé cette volonté et convenu de définir une stratégie commune dans ce sens. L’objectif étant de parvenir à une solution durable pour l’amélioration des prix perçus par les producteurs, et limiter ainsi l’impact défavorable d’une baisse des cours internationaux du cacao aussi bien sur les revenus des producteurs que sur les recettes budgétaires.

En juin 2018, à l’issue d’une réunion travail, les autorités de régulation et de stabilisation de la filière cacao des deux pays ont établi un plan stratégique pour la mise en œuvre de la « Déclaration d’Abidjan ». À cet effet, les deux parties ont convenu de certaines mesures relatives à la production, à la commercialisation ainsi qu’à la transformation et la consommation. La coopération entre les deux pays devrait certainement se renforcer à l’avenir.

Par ailleurs, la Côte d’Ivoire a décidé de la suspension temporaire de la distribution de matériels végétaux améliorés de cacao afin de réduire les volumes de production à un niveau autour de 1,8 million de tonnes pour chaque campagne, à compter de celle de 2018/2019. Cette décision vise à adapter le niveau de la production à la demande mondiale et éviter ainsi un sur-approvisionnement du marché mondial. Elle pourrait certes avoir un impact sur les cours internationaux. Toutefois, cet impact risque d’être limité en l’absence de concertation/coopération avec les autres pays producteurs pour limiter l’offre sur le marché international.

Coopération Côte d’Ivoire/Ghana

Suivant le plan stratégique adopté en juin 2018, les organes de régulation de la filière cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana (deux pays assurant environ 60 % de la production mondiale de cacao) ont adopté récemment plusieurs mesures relatives à la gestion de la filière. Entre autres, les deux pays se sont accordés à définir un prix plancher du cacao (qui sera déterminé à fin janvier 2019) et ont affiché leur volonté d’élaborer une norme commune pour la durabilité du cacao. En outre, la Côte d’Ivoire, dans le cadre de cette coopération, a modifié son système de commercialisation pour le faire migrer vers celui du Ghana (aucune information de plus n’a été fournie). Enfin, les règles de gouvernance de l’initiative entre les deux pays ont été soumises à l’approbation des autorités des deux pays et une structure organisationnelle chargée de la gestion de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire — Ghana a été adoptée.

Cours internationaux

En 2018, les cours du cacao se sont améliorés (environ +10 % en moyenne) tandis que les cours du café se sont repliés (autour de -15 % en moyenne) par rapport à 2017. Pour l’année 2019, les analystes de la Banque mondiale (les analystes de la Banque mondiale : http://www.worldbank.org/en/research/commodity-markets) anticipent une légère amélioration des cours pour le café (+1 %) et le cacao (+2 %).

Bloomfield Investment Corporation, extrait rapport de notation Côte d’Ivoire 2018, mise à jour décembre 2018 (copyright Bloomfield Investment Corporation)

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