Palmier à huile : à Aboisso, des planteurs en colère contre les usiniers

Au terme d’une rencontre extraordinaire tenue samedi 5 janvier à Mouyassué dans la sous-préfecture de Maféré (Aboisso), un collectif de planteurs privés de palmier à huile a entamé une grève illimitée pour manifester son mécontentement face aux prix du kilo et du transport de graines de palme, fixés respectivement par les usiniers à 33 et 7 500 FCFA pour ce mois de janvier.

Toute récolte de graines est donc interrompue jusqu’à nouvel ordre. Le collectif a par ailleurs enjoint les transporteurs à ne convoyer aucun régime de graines vers les usines de première et seconde transformation, et sommé les acheteurs de patienter jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

Celles-ci concernent l’application effective du prix de 40 FCFA/kilo de graines de palme, obtenu en décembre dernier à l’issue de discussions menées sous l’égide des autorités préfectorales d’Aboisso avec les usiniers, qui avaient fixé le prix du kilo à 38 FCFA. Pour rappel et à titre de comparaison, le prix d’achat du régime bord-champ s’élevait en décembre à 31,84 FCFA le kilo (AIPH), et le plus haut niveau qu’il ait atteint ces dernières années était de 37,70 FCFA, en décembre 2015.

Deuxième producteur africain d’huile de palme, la Côte d’Ivoire compte environ 40 000 planteurs qui exploitent 175 000 hectares et produisent un million de tonnes de régimes de palme. Courant 2018, ceux-ci ont subi le contrecoup de la baisse des cours internationaux (-15,3 %), mais en ce début d’année, le marché semble retrouver des couleurs, notamment grâce à l’assouplissement de la politique commerciale de l’Inde. En effet, pour protéger ses producteurs de soja et de colza, le premier importateur d’huiles végétales au monde avait imposé en novembre 2017 de lourdes taxes sur les oléagineux importés, dans un contexte baissier déjà peu favorable. La taxe sur l’huile de palme brute était ainsi passée à 30 % (contre 15 % précédemment) et celle sur l’huile de palme raffinée, à 40 % contre 25 % auparavant.

En ce début d’année, Delhi a décidé de réduire ces taxes. L’allègement de cet aménagement fiscal à l’import devrait booster une demande stagnante depuis 2017, contribuer à doper les exportations, faire baisser les stocks et, in fine, impacter positivement les prix, au bénéfice des agriculteurs ivoiriens qui n’en perçoivent pour l’instant pas encore les retombées concrètes.

Par Pierre-Alain Koffi, le 07/01/2019 (copyright CICO Services)

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